Que faut-il comprendre de « l’ad blocker de Google » ?

avril 26, 2017

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La presse spécialisée ne cesse de réagir aux rumeurs concernant le lancement imminent par Google d’une fonctionnalité au sein de Chrome servant à bloquer des publicités. L’information a été dévoilée par The Wall Street Journal.

Une lecture : initiative collective

Selon une version des faits, il s’agirait plutôt d’une astuce trouvée par « l’industrie de la publicité » pour contrer le recours aux logiciels bloqueurs de publicité. Celle-ci aurait décidé de prendre les devants en empêchant de voir s’afficher sur le navigateur des utilisateurs les « mauvaises publicités », comme les pop-ups, certains interstitiels et des vidéos en autoplay avec audio. C’est ce que laissent entendre en tout cas les déclarations de Randall Rothenberg à Bloomberg.

Le formats à bannir sur mobile, selon la "Coalition for Better Ads".

Le formats à bannir sur mobile, selon la « Coalition for Better Ads ».

Le patron de l’Interactive Advertising Bureau (IAB), soit l’entité représentative du secteur de la publicité en ligne dans son ensemble, analyse l’information donnée par The Wall Street Journal. Pour lui, il ne s’agit pas d’un adblocker « mais quelque chose qui concerne toute l’industrie et qui servira à améliorer l’expérience utilisateur ». Même ton du côté d’une source d’Alphabet entendue par Bloomberg : il s’agit d’une initiative de l’industrie dans son ensemble.

Souvenez-vous de la liste d’expériences publicitaires classées en-dessous du seuil d’acceptabilité par les utilisateurs publiée par l’initiative « Coalition for bette ads » (lire ici notre article) ? Ce sont bien ces  formats-là qui seront bannis par Chrome à entendre The Wall Street Journal.

Parmi les associations et les organismes membres de la Coalition for bette ads , nous pouvons citer l’IAB (US), l’IAB Europe, l’IAB France (et aussi Royaume-Uni et Allemagne), la 4A’s (Association américaine des agences média), l’ANA (Association américaine des annonceurs) et la WFA (la Fédération mondiale d’annonceurs). Parmi les éditeurs et annonceurs poids-lourds, on trouve Digital Content Next, Facebook, Google, News Media Alliance, Procter & Gamble et Unilever. Parmi les prestataires technologiques et les agences médias, Appnexus, GroupM, Omnicom Media Group et Teads. Cette liste n’est pas exhaustive.

Fraude et manipulationL’autre côté : tuer la concurrence ?

Vient l’autre interprétation des faits: cette initiative, si large soit elle, ne représente pas l’ensemble de l’industrie, et de nombreux acteurs voient dans ces rumeurs de projets plutôt machiavéliques de la part de Google pour tenter de tuer la concurrence et de soigner son image.

Sur ces théories lire notamment l’article assez complet de Digiday.

Quoi qu’il en soit, on peut facilement déduire qu’une telle initiative ne peut être assumée par Google seul, aussi dominant soit-il, au risque de se faire attaquer de tous les côtés… y compris par les instances de régulation du marché.

L’information ne devrait plus trop tarder à être commentée par Google qui pour le moment n’a rien confirmé.

A suivre.

LUL

(Images: Shutterstock; Coalition for better ads.)

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