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Les priorités de Mozoo, d’après son nouveau CEO

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Mozoo se recentre sur ses activités d’ad exchange rich media et vidéo mobile en France après avoir acquis et ensuite revendu à Ogury la société Adincube. Mathieu  Rostamkolaei, tout nouveau CEO de Mozoo, nous explique les derniers chapitres de l’actualité de l’entreprise et ses priorités pour l’avenir.

Mozoo se définissait il y a encore peu comme un spécialiste de la monétisation publicitaire sur mobile. L’entreprise a décidé un certain nombre de changements ces derniers mois comme la cession à Ogury d’Adincube, technologie française que vous aviez achetée il y a moins d’un an pour 20 millions de dollars. Pouvez-vous nous expliquer les motifs de cette opération ?

Mathieu Rostamkolaei, Mozoo.
Mathieu Rostamkolaei, Mozoo.

M. R. : Lorsque nous avons acheté Adincube en juillet 2017, nous voulions en effet pousser cet aspect-là de notre offre qui nous permettait de nous positionner en tant que spécialistes de la monétisation mobile. Mais notre cœur de métier n’est pas celui-là : Mozoo est le premier ad exchange rich media et vidéo mobile en Europe, notre mission est de créer de l’engagement pour les marques sur mobile, et c’est ce que nous faisons depuis notre lancement en 2010. Nous avons consacré beaucoup d’énergie et de ressources à Adincube et nous l’avons bien fait puisque nous avons réussi à  développer fortement son chiffre d’affaires et ses clients en seulement neuf mois d’activité. Cette solution marche très bien, mais il nous fallait encore plus de moyens technologiques et humains pour continuer à la faire prospérer. Continuer de dépenser autant de ressources aurait déconcentré Mozoo de son cœur de métier. Nous sommes donc arrivés à la conclusion qu’il était temps de s’en séparer. Les discussions avec Ogury ont été très saines, rapides et claires. Ogury développe une suite logicielle à destination d’éditeurs d’applications premium et ils cherchaient à ce moment-là précisément un outil de médiation. Nous nous sommes retrouvés au bon moment et tout le monde est sorti gagnant : Mozoo se retrouve renforcée dans son positionnement d’ad exchange et Ogury récupère la meilleure technologie de médiation qui existe sur le marché.

Vous avez également fermé récemment votre bureau au Royaume-Uni, pourquoi ?

M. R. : Nous avons investi énormément de ressources pour ouvrir ce bureau il y a cinq ans et pour le développer. Jules Minvielle, fondateur de Mozoo et mon associé, s’y est consacré pendant près de quatre ans, l’équipe ayant rassemblé jusqu’à 50 professionnels. Mais nous avons eu du mal à rendre ce bureau rentable. Nous n’avons pas été les seuls à vivre ces difficultés : la majorité des entreprises françaises de l’ad tech qui se sont lancées au Royaume Uni y ont échoué.

Pourquoi d’après vous ?

M. R. : Au départ ce marché nous intéressait beaucoup, avec des indicateurs tels que des chiffres d’affaires avec la publicité mobile pouvant atteindre jusqu’à huit fois ceux obtenus en France. Le Royaume-Uni représentait ainsi pour nous une superbe opportunité pour le développement de nos activités. Mais ce marché est très particulier, c’est la porte d’entrée des entreprises nord-américaines en Europe, à la fois de nos concurrentes directes et du duopole. Nous avons également constaté sur place une sorte de rejet de l’adtech française. C’était en plus le moment où nous nous consacrions à Adincube, nous ne pouvions pas tout bien faire en même temps et il fallait fermer ce qui n’était pas rentable.

Revenons  sur Mozoo France : vous êtes donc le tout nouveau CEO de l’entreprise, depuis la vente d’Adincube, c’est cela ?

M. R. : Je suis chez Mozoo depuis sa création. C’est mon meilleur ami Jules Minvielle qui l’a créée il y a huit ans. Il m’avait alors recruté pour lancer l’activité commerciale. Petit à petit Mozoo a grossi, nous avons appris à être polyvalents, j’ai récupéré toutes les responsabilités opérationnelles de Mozoo. Au moment de la cession d’Adincube à Ogury, Jules a eu la volonté  de poursuivre sur le projet d’Adincube et de rejoindre Ogury en tant que chief strategy officer. C’est un beau défi pour lui. Jules reste l’actionnaire de référence de Mozoo, mais sans aucune activité opérationnelle. Il est  membre du conseil d’administration de Mozoo, que je dirige. Depuis le 1er avril je suis donc le CEO de Mozoo.

Quelles sont vos priorités désormais ?

M. R. : Notre mission étant de créer de l’engagement pour les marques sur mobile, nous devons répondre à toutes les problématiques et pour tout type d’annonceur, à chaque fois avec une solution créative sur mesure, avec un message innovant et adapté au mobile. Pour nous, la clé du succès d’une campagne publicitaire n’est pas le canal mais le message, sa clarté, sa précision, son originalité et son impact. On se souvient des publicités lorsqu’elles sont belles, étonnantes, qu’elles nous touchent. Mozoo conçoit des créations engageantes, esthétiques et innovantes avec un objectif en vue, celui de trouver le point d’équilibre entre les besoins des trois parties prenantes de la publicité : les marques et leur agence média, qui ont besoin de disposer d’un espace de communication suffisant et positif pour diffuser leur message ; les éditeurs, qui ont besoin de recevoir une rémunération à la hauteur de la qualité du contenu qu’ils produisent ; et les utilisateurs, qui veulent qu’on respecte leur intimité et leur expérience. Nous nous concentrons donc à lancer tous les mois un nouveau format pour répondre aux besoins des mobinautes, qui répondent à leur comportement de navigation et qui respectent au maximum leur intimité. Nous continuerons aussi de travailler sur la DCO (dynamic creative  optimization) afin de proposer des formats qui s’adaptent à l’utilisateur et au contexte de diffusion.

ideesProposez-vous des segments de ciblage ?

M. R. : Nous ne travaillons pas avec la data utilisateur : pour nous, c’est le message qui compte.

Mais il faut que le message soit diffusé à la bonne audience, non ?

M. R. : Libre à nos annonceurs d’utiliser des data tierces ou leur propre DMP. L’ad tech doit quant à elle se concentrer  sur l’impact du message, dans le cadre d’un ciblage contextuel. Sachant où la campagne est diffusée et à quel moment de la journée, nos algorithmes affinent la créa en fonction des meilleures performances.

Êtes-vous aussi une agence de créa ?

M. R. : Non, mais nous travaillons avec elles. Il est vrai qu’une partie de Mozoo est structurée presque comme une agence créa : nous avons chez nous en CDI quinze personnes,  parmi lesquelles des designers, des développeurs, des ergonomes et des intégrateurs, dont le job est de concevoir et de fabriquer des formats et des expériences innovantes sur mobile. Nous avons des formats et des features propriétaires. Nous cherchons à nous adapter à chaque problématique client afin de développer une expérience publicitaire sur mesure et qui corresponde parfaitement aux usages mobiles.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les éditeurs présents dans votre ad exchange ?

M. R. : Nous avons une petite centaine d’éditeurs premium. Pour chaque campagne, nous proposons un  cadre de diffusion qui correspond à la problématique de l’annonceur. L’annonceur sait exactement où ses campagnes tournent, à l’url près. Nous travaillons en direct avec nos éditeurs, nous ne contentons pas de faire de l’achat revente d’inventaires en programmatique, comme c’est le cas de beaucoup d’acteurs de notre industrie. L’opacité de la diffusion a desservi notre industrie. La transparence est notre vraie valeur ajoutée par rapport à nos grands concurrents, les plateformes américaines.

 

Propos recueillis par Luciana Uchôa-Lefebvre

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