Les journaux américains mettent en garde le navigateur Brave, qui essuie un sérieux échec

avril 8, 2016

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Souvenez-vous de Brave, le navigateur lancé en janvier en phase bêta par Brendan Eich, l’un des fondateurs de Mozilla, qui met fin à sa manière au tracking et aux cookies 3rd party (voir notre article) ? Les plus importants journaux américains – comme The Washington Post et le New York Times – n’ont pas du tout apprécié le principe proposé par Brave de monétisation des sites web. Dix-sept éditeurs membres de l’Association des journaux d’Amérique (NAA), représentants plus de 1200 titres, viennent de signer une lettre de mise en demeure mettant en garde Brave sur le fait « qu’ils feront pleinement valoir leurs droits » contre un modèle qui « viole la loi ».

Le principe de fonctionnement proposé par Brave est de bloquer par défaut toutes les publicités et systèmes de tracking et de collecte de données, et de n’autoriser que les publicités de son propre système négociées par ses équipes avec des annonceurs suivant un modèle censé être respectueux de la vie privée des utilisateurs,  moins intrusif et permettant aux pages de charger beaucoup plus vite, et aux éditeurs de se rémunérer à hauteur de 55%.

Brave institue notamment la fin de la publicité personnalisée et l’action de tous les traqueurs, cookies et codes des tierces parties. Il n’autorise que ceux appartenant au site visité, dont le blocage devra être décidé par l’utilisateur lui-même (ce ne sera pas fait par défaut par le navigateur). Chaque éditeur est ainsi théoriquement en mesure de suivre l’utilisateur au sein de son propre site (sauf si l’utilisateur choisit de lui en empêcher) et de lui servir Schéma revenus Bravedes publicités. Mais à condition que celles-ci rentrent dans les critères imposés par Brave.

Pour les éditeurs signataires de cette lettre, le modèle de Brave n’est autre qu’un moyen d’utiliser leur propre contenu pour vendre ses publicités, ce qui correspond à du « vol ». « Il serait illégal pour une société de détourner tout le contenu d’internet pour son propre profit », indiquent-ils dans la lettre. Non seulement ils affirment ne pas vouloir participer d’aucune manière que ce soit au projet de Brave comme ils menacent son fondateur de réclamer tous leurs droits pour protéger leurs marques et leurs droits d’auteurs, y compris l’équivalent de $ 150 000 par article que Brave aurait monétisé.

Pour Brendan Eich, ces éditeurs n’ont rien compris de la proposition de Brave. Dans le site du navigateur, le fondateur des Brave reprend chaque point pour défendre son modèle économique et ses propositions, rappelant que les violations du respect de la vie privé ont « pris des proportions épidémiques » dans un processus auquel la presse a pris une part active. Lire ici sa réponse.

LUL

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