Image mining : souriez, vos selfies sont utilisés par les pros du marketing

décembre 10, 2014

selfiesLes sites de partages de photos en ligne comme Flickr, Pinterest ou Instragram permettent de partager n’importe quel instant du jour ou de la nuit de façon publique ou privée.

Alors vous allez être surpris de savoir que des entreprises dans le domaine du marketing digital cherchent, analysent toutes ses images pour le compte des plus grands annonceurs de la planète. L’une d’entre elles, Ditto Labs utilise une application pour scanner les images de n’importe quelle personne avec une canette de coca-cola à la main. Il est possible d’identifier un logo, de savoir si les personnes sourient ou encore de déterminer le contexte de la scène. La donnée permet aux annonceurs d’envoyer des publicités ciblées ou d’effectuer une étude de marché.

 D’autres acteurs comme Piqora enregistrent des millions d’images sur leurs propres serveurs informatiques afin de témoigner des tendances qui sont les plus populaires.

MK-CP928_PUBLIC_G_20141009135119Pour ceux que les protection des données personnelles concernent, c’est certainement déjà trop tard : plus de 20 milliards de photos ont déjà été partagées via Instagram et quelques 60 millions viennent s’ajouter quotidiennement. Pour capturer ces photos, les entreprises utilisent une API (application programming interface) avec le service en question. En retour, il attend que les annonceurs dépensent une partie de leur budget publicitaire sur leur média. Les jeunes utilisateurs doivent être mieux informés que toutes ces données peuvent être utilisées à des fins publicitaires.

Au cours des dernières années, de nombreuses entreprises utilisent la mine de données issues des tweets ou autres posts sur les réseaux sociaux pour indiquer les tendances ou un ressenti vis à vis des différents marques. Le marché de l’image mining vient tout juste d’apparaître et paraît invasif, car les photos inspirent plus d’émotion aux gens et sont plus ouvertes aux interprétations que du simple texte.

Les sites de partages de photos comme Instagram, Pinterest ou Flickr estiment informer suffisamment leurs utilisateurs sur le fait que tout ce qui est posté peut être partagé avec des entreprises tierces. A noter que seules les photos qui indiquent explicitement quelles sont privées ne sont pas partagées avec les professionnels du marketing.  Il n’y a en effet aucune loi qui interdit d’analyser des photos qui sont disponibles publiquement aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe. Voici par exemple le texte qui explique cela dans les conditions d’utilisation de Pinterest :  » our API only provides public information to a handful of partners intended to help their clients understand the performance of their content on Pinterest ». A noter que sur Facebook, le site de partage de photo le plus populaire, très souvent les membres décident de restreindre le partage des photos ce qui réduit considérablement la manne des informations disponibles pour les analyser.

Le géant américain, Kraft s’est offert les services de ditto Labs pour trouver des logos de ses produits sur Instagram et Tumblr. La technologie permet de détecter des grandes tendances dans les comportements des consommateurs. Kraft peut ainsi mieux cibler ses clients en ligne ou connaitre l’effet des ses promotions sur le lieu de vente. Chez le californien Piqoram on a mis en place un tableau de bord pour le fabricant de montres et d’accessoires Fossil afin de savoir quels sont ses produits le plus populaires ainsi que ceux de la concurrence. Cela viole les règles de Pinterest.

Pierre Berendes


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