Interview exclusive Jean-Claude Muratore de Turn : DSP, vidéo, DMP, mobile, FBX…

mai 29, 2013

2013-05-28_121918Turn est un vétéran dans le secteur de la AdTech. L’entreprise a été fondée en 2004. Elle a déjà effectué 4 levées de fonds sur un montant total de 55 M$. Le bureau de parisien de Turn a ouvert il y a tout juste un peu plus d’un an.  L’entreprise ne communique que très rarement. Interview avec Jean-Claude Muratore, DG de Turn France.

Qui utilise votre DSP ?

Aujourd’hui en France on travaille essentiellement avec des agences qui possèdent les compétences pour gérer ce genre de plateforme. Parmi nos clients vous trouvez les trading desks des grosses agences. Sur le marché des trading desks indépendants, on travaille avec quelques acteurs comme par exemple Gamned, qui a su développer une technologie propre par-dessus notre technologie. On travaille aussi avec Adverline qui se positionne sur l’audience. En termes de positionnement commercial, nous nous situons sur du haut de gamme, ce qui ne nous empêche pas de travailler avec tous les principaux acteurs du marché compte tenu de la valeur ajoutée que nous sommes en mesure d’apporter.

Pourquoi tous les trading desks indépendants sont-ils sur Appnexus ?

Turn et Appnexus ont des offres et un positionnement très différents. Historiquement Turn s’est concentré sur les grandes agences et les annonceurs alors qu’Appnexus est une solution très convoitée parmi les ad networks ou autres intermédiaires, ce qui ne surprend pas compte tenu des expériences précédentes de ses fondateurs. Cela dit Turn travaille aussi avec des trading desks indépendants et Gamned est un parfait exemple.

Quel est votre modèle tarifaire ?

Cela dépend des solutions, sur la partie media (‘Campaign Suite’) nous facturons un pourcentage des investissements publicitaires alors que pour notre DMP ‘Audience Suite’ nous sommes sur un modèle SaaS avec une licence mensuelle sur la base des data que nous hébergeons sur notre infrastructure. Si on ne dépense pas au moins 40k€ de campagne par mois cela n’a pas de sens pour l’annonceur d’internaliser ce type de campagne et il est donc préférable de passer vers une agence ou un trading desk.

Comment appréhendez-vous la vidéo ?

Il est clé pour Turn d’être un DSP multicanal et nos clients nous le demandent car ça n’a plus de sens de gérer diffèrents canaux sur différentes plateformes. Un point critique, pour que le marché se développe bien, c’est d’offrir de l’inventaire premium au niveau local car c’est pour du branding. On a signé avec StickyAds et on est en cours d’intégration.

Quels sont les enjeux sur le mobile ?

Le défi aujourd’hui est dans le reciblage et la mesure de la conversion. L’essentiel de l’inventaire est dans les applications et il n’y a pas de cookie. Cela freine le développement du mobile. On va bientôt sortir un produit pour permettre de recibler un internaute et mesurer les conversions sans cookie. Une fois que l’obstacle technique sera levé, la demande va croître.

Pourquoi Facebook Exchange s’est-il aussi rapidement développé ?

FBX permet de toucher des internautes que l’on ne retrouve nulle part ailleurs (en moyenne nous voyons 15% d’internautes sur Facebook que nous n’arrivons pas à toucher sur les autres places de marché – mais avec des pointes de 40-50% pour certaines campagnes). De plus le eCPM est faible et on arrive à de bonnes performances C’est un des éléments de différenciation pour Turn vis-à-vis d’Invite de Google. On commence ainsi de travailler avec Publicis. On pense que le newsfeed va permettre encore de développer FBX.

screen-data-captureQuelle est votre offre en matière de DMP ?

La Brique DMP (Audience Suite) permet l’utilisation de la donnée du client en temps réel[N1] . Notre DMP est ouvert ce qui fait que l’on peut envoyer vers n’importe quel DSP comme Invite ou MediaMath. Aujourd’hui c’est un produit qui est utilisé par les agences ou sinon en direct par les annonceurs.  Nous avons des références avec des agences comme Amnet et Cadreon dans le cadre de contrats globaux. On est sur des cycles de décision beaucoup plus longs que pour un DSP car cela nécessite des changements dans l’organisation ainsi que des profils comme des « data scientists ». En outre, la maturité chez l’annonceur n’est pas encore là. On a développé un outil comme Flextag qui permet de faciliter la collecte de l’information et de la structurer. Aujourd’hui les annonceurs au-delà du retargeting, n’utilisent pas encore leurs données propres. Il y a un vrai gisement d’efficacité et de productivité pour eux. Le DMP joue donc un rôle central dans l’utilisation des données. Chez Turn on y croit beaucoup.

Partager sur :
  • 3
    Partages