Interview : Avishay Raviv, Plymedia, sur le marché français du RTB et les solutions de Yield Management pour les éditeurs

mars 14, 2012

Ad-exchange.fr a pu interviewer Avishay Raviv, Président et COO de Plymedia pour évoquer l’actualité sur l’éco-système RTB.

PlyMedia a lancé récemment Ad2k, une solution SSP de Yield Management à destination des publishers (notamment les plus petits d’entre eux) afin de leur permettre de maximiser leurs revenus via les Ad Exchanges et de profiter des opportunités du Display temps réel.

 

Bonjour Avishay. DSP, SSP, Trading desks, Ad exchange, quelle est la place de votre société dans l’éco-système RTB ?

Depuis 2006, PLYmedia se compose de deux unités opératives complémentaires. Une unité opérative de régie publicitaire (Ad Network)  qui s’est spécialisée dans la monétisation de Vidéos (PPV) via des marques comme Microsoft, Honda, Blackberry, Betclic et bien d’autres.
Et nous avons lancé il y a quelques semaines Adk2, un outil de Ad Serving et d’optimisation, dont l’objectif est d’offrir une solution gratuite, simple d’utilisation et complète à l’ensemble de la communauté des éditeurs de sites web.  Notre Ad Server est un outil de management publicitaire qui se spécialise particulièrement dans l’optimisation (yield)  et qui permet aux éditeurs de mieux gérer leur inventaire et par conséquent de maximiser leurs revenus.

 

Quels sont vos points de différenciation dans votre univers concurrentiel?

Pour commencer adk2 est gratuit. Il est particulièrement rare de trouver des solutions gratuites qui sont dotées d’une technologie complète. De plus, alors que la majeure partie de la concurrence s’adresse principalement aux éditeurs Premium, adk2 se veut être la solution privilégiée des éditeurs de petite et moyenne taille (ce qu’on appelle en anglais, les éditeurs de Long Tail), lesquels sont souvent oubliés par les grosse opérations de Ad Serving telles OpenX ou Double Click qui se veulent complexes et qui ne répondent pas aux besoins de l’éditeur disposant par exemple de trois sites.
Adk2 a été conçu pour être la solution pour ces laissés-pour-compte du monde de l’édition web. Nous avons relevé le défi de simplifier une technologie pour offrir à accès à tous. Prenons le cas, par exemple, d’un webmaster disposant de deux sites uniquement et qui souhaite effectuer une simple rotation entre ses campagnes sur ses deux sites. Les géants du Ad Serving que je viens de citer sont bien trop compliqués à configurer et le blogueur reste sans solution. Adk2 vient ici répondre à ce besoin relativement simple me direz-vous mais essentiel pour l’éditeur.

 

L’avènement des ad exchanges signe-t-il la fin des ad networks?

Oui et non je dirais. Il s’agit d’une évolution. Le monde de la publicité en ligne en est qu’à ses balbutiements au final. Mais au rythme où va cette industrie, nous ne sommes pas loin au final d’une maturation technologique. Les Ad Exchanges, qui fonctionnent à partir d’outils qui ressemblent de très près aux technologies utilisées dans le monde de la finance, viennent offrir un complément, je dirais, redoutable, aux activités des Ad Networks, lesquels disposent d’une expérience incontournable sur le terrain. N’oublions pas que les Ad Networks sont en contact de manière quotidienne avec les éditeurs et disposent donc d’une force non négligeable.

 

Quelles furent les grandes étapes de votre société depuis sa création? quelle est sa position aujourd’hui sur le marché français?

PLYmedia est une start-up  créée en 2006 dont le siège social est à Palo Alto en Californie et dont le centre R&D est à Tel Aviv. Plymedia est bénéficiaire aujourd’hui. Nous sommes spécialisés dans les technologies publicitaires. En 2009, nous avons lancé un Ad Network, Adstract, entièrement dédié à la publicité vidéo en ligne. Pour ainsi dire, nous avons été les pionniers du genre. Fin 2011, nous avons lancé notre Ad Server pour éditeurs qui rencontre d’ores et déjà un succès retentissant en Amérique du nord et en Asie.
Pour ce qui est du marché français, nous l’observons avec beaucoup d’intérêt depuis quelques temps et comptons y faire une entrée remarquée très bientôt avec notre solution de  Ad Serving et d’optimisation.

 

Quelles sont les différences notables d’après vous entre France, Allemagne et UK? Entre Europe et USA ?

Nous sommes encore nouveaux sur le marché français  et c’est la raison pour laquelle il nous est difficile de présenter des affirmations. Ce que nous savons avec certitude, c’est que le  monde de la publicité revêt en France une importance capitale. De grands groupes  à échelle mondiale sont français, Publicis, Hi Media etc.
Sur le marché de la publicité en ligne, la France apparaît également comme un espace dynamique et intéressant. A notre sens, la rapidité d’exécution, le dynamisme et l’innovation des entrepreneurs français font le succès de ce marché. Il reste maintenant à offrir au marché français de la publicité en ligne des solutions adaptées. Et des solutions comme adk2 sont là pour répondre à des besoins qui ont pour le moment que trop peu de réponses immédiates.

Où en êtes vous en France aujourd’hui? avec qui travaillez vous? 

Nous n’avons pas encore effectué notre entrée sur le marché français. Mais nous avons d’ores et déjà quelques dizaines d’éditeurs qui ont choisi de nous faire confiance et qui gèrent leur inventaire respectif sur une base quotidienne tout en profitant de notre éventail d’outils d’optimisation. Nous offrons à ces éditeurs une solution faite sur mesure et qui répond à l’ensemble de leur besoin au jour le jour. Nous comptons poursuivre cette stratégie de conquête graduelle des éditeurs français et francophones de petite et moyenne taille en 2012.

 

Quels sont les principaux enjeux du marché français aujourd’hui?

La récente étude réalisée par l’observatoire de l’E-publicité qui montre principalement la progression exponentielle de ce marché local, résume assez bien la situation.  Avec plus de 2,5 milliards d’euros en 2011, le marché de la publicité en ligne en France affiche une croissance de plus de 11%. Cette croissance est particulièrement intéressante à suivre. Mais, nous sommes encore nouveaux sur ce marché et nous continuons de l’étudier à la loupe pour offrir les meilleures solutions.

 

Les éditeurs français semblent plus rétifs au passage au RTB que dans d’autres pays européens. Confirmez vous ce point? 

Pour le moment, nous observons ce marché et le passage au RTB rencontre, il nous semble, une certaine réticence de principe qui nous rappelle celle observée sur le marché nord-américain il y a 18 mois mais qui n’a pas résisté. Nous sommes confiants.

 

Data et Brandsafe : Les notions de Protection de la Marque d’un côté, et de Collecte de données de l’autre étaient les deux grands thèmes en 2011 aux USA et aux UK. Ces deux thèmes sont ils également au centre de vos préoccupations et de celles de vos clients et partenaires en France?

Il faut comprendre que ces deux thèmes sont capitaux et ce, quel que soit le marché sur lequel nous nous trouvons.  D’un côté nous parlons de transparence pour les annonceurs et de l’autre d’opacité pour les utilisateurs dont il faut respecter la vie privée. Les annonceurs ne veulent pas être « vus » n’importe où et l’utilisation de technologies automatisées telles les Ad Exchanges peut être problématique pour certains. Les Trading Desks accompagnent les marques sur cette problématique.
La publicité en ligne reste nécessaire et elle passe par la collecte de données aujourd’hui. Les revenus générés par la publicité en ligne permettent aux éditeurs de sites web de continuer tous les jours à écrire des contenus dont nous sommes tous les lecteurs. Cette situation est gagnant-gagnant sans pour autant porter atteinte aux droits de toutes et de tous.

 

Le passage de la totalité de l’inventaire Hi Media en RTB, la création d’AdMediaPremium avec TF1,   annonce t-il la multiplication des ad exchanges privés et la remise en question du modèle initial d’ouverture des ad exchanges ? 

Le « move » de Hi Media puis d’autres tels que TF1 et bientôt M6 montre qu’il se passe quelque chose sur le marché français. Et je ne crois pas qu’il s’agisse  d’une remise en question. Pour preuve, l’arrivée de DataXu est symptomatique de ce qu’il se trame sur ce marché. La pluralité des modèles reste un facteur clé dans le développement d’une industrie aussi dynamique que la publicité en ligne. Le chemin des Private Exchange pris par certains en France reste positif. C’est la leçon que nous tirons de notre expérience sur d’autres marchés locaux.

 

Comment voyez vous le marché français évoluer en 2012? 

Le marché français de la publicité en ligne va arriver à une certaine maturité en 2012, plusieurs grands évènements (sportifs et politiques) sont au rendez-vous cette année et vont permettre aux éditeurs comme aux annonceurs de penser à de très belles opportunités. Les 3 buzzwords selon nous en France seront : audience, video et mobile.

 

Merci Avishay, et bon vent à PLYmedia !

 

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